C’est l’histoire emblématique d’un auteur Fayard qui voulait se séparer de son éditeur. Ouvertement opposé au changement de ligne éditoriale qui a abouti à la multiplication des auteurs d’extrême droite chez Fayard, Jean-Yves Mollier, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Saclay-Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines cherchait en vain à récupérer ses droits. Il a publié dans cette maison, avant sa reprise par le groupe Vivendi de Vincent Bolloré en 2023, une biographie sur Louis Hachette et cinq autres ouvrages.
Or, en France, les livres restent dans le catalogue de l’éditeur jusqu’à soixante-dix ans après la mort de l’auteur. Une réforme de 2014 est censée faciliter un divorce si l’œuvre n’est pas ou plus exploitée, mais dans les faits les éditeurs gardent le dernier mot. Le 26 décembre 2025, Jérôme Laissus, directeur général des éditions Fayard a refusé par mail de rendre les droits à Jean-Yves Mollier puisque la maison « continue de diffuser ses ouvrages ».
Le ton a évolué, sous forme de marché à prendre ou à laisser. « Si vous acceptez une clause de confidentialité et un engagement de ne plus parler d’Hachette dans les médias, alors je vous rendrai vos droits », lui a promis dans un message téléphonique, le 14 janvier, Emilie Revesz Benayoun, secrétaire générale adjointe d’Hachette Livre. « Si j’acceptais, vous me mépriseriez ! », lui a rétorqué l’universitaire.
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