A Bordeaux, Philippe Dessertine, qui a retiré sa candidature pour le second tour, dit « prendre ses responsabilités de citoyens sans en référer à personne »
Devant la presse et ses militants qui avaient fait le déplacement pour son premier meeting de l’entre-deux-tours sur la rive droite de Bordeaux, Philippe Dessertine, candidat à la tête d’une liste citoyenne, a averti d’emblée : « Ce que nous avions prévu ce soir ne va pas se dérouler exactement de la manière dont les autres meetings de notre campagne se sont déroulés. Je propose de m’asseoir, ce que vous ne m’avez jamais vu faire dans un meeting, de me mettre derrière une table et de faire ce que je ne fais jamais, c’est-à-dire lire un papier. Je me méfie un tout petit peu de l’émotion et, évidemment, vous voir m’en procure beaucoup. »
L’émotion, en effet, était palpable, et Philippe Dessertine débute son allocution en commentant les résultats du premier tour : 20 %, un « chiffre impressionnant » mais « insuffisant cependant ». Alors, le candidat l’annonce sans suspens : « Je dois me rendre à l’évidence, la victoire, dimanche prochain, n’est pas envisageable. Je le regrette profondément. »
« Conformément à nos principes, ceux qui nous unissent tous autour de cette liste, nous ne sommes entrés dans aucune discussion, aucune tractation, aucune négociation », poursuit-il, suggérant un retrait pur et simple du scrutin, sans appeler ses électeurs à voter pour aucun des candidats encore en lice pour Bordeaux dimanche, le maire sortant, Pierre Hurmic, écologiste, à la tête d’une union de la gauche, hors La France insoumise, et le macroniste Thomas Cazenave, à la tête d’une union des forces de droite.
Les deux candidats referont ainsi peu ou prou le match du second tour des municipales de 2020, où Pierre Hurmic avait fait basculer la capitale girondine à gauche, pour la première fois depuis soixante-treize ans, face à une liste d’union du successeur d’Alain Juppé, Nicolas Florian, disparu en janvier 2025, allié à Thomas Cazenave.
« Je vous assure que les pressions amicales et non amicales, j’en reçois et nous en recevons depuis six mois. Nous sommes des candidats hors système, le système n’aime pas les candidats hors système. Et je crois que nous sommes évidemment dans une situation où nous prenons nos responsabilités de citoyens sans en référer à personne, sans avoir besoin de demander l’autorisation à quiconque. Ni à l’Elysée ni à quiconque d’autre », s’est défendu Philippe Dessertine.












