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Jean Paul Prates, à Brasilia, le 20 décembre 2023.

Le gouvernement du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, a limogé, mardi 14 mai, le PDG du géant pétrolier public Petrobras, Jean Paul Prates, après une polémique concernant la distribution de dividendes aux actionnaires. « Prates a été renvoyé », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole de la présidence.

Le gouvernement proposera au conseil d’administration de le remplacer par Magda Chambriard, ancienne directrice générale de l’Agence nationale du pétrole, qui régule l’industrie pétrolière au Brésil, a fait savoir la même source. De son côté, Petrobras a annoncé dans un communiqué que M. Prates avait demandé une réunion du conseil d’administration pour examiner « la fin anticipée de son mandat (…) de façon négociée » et présenter sa démission.

La destitution de M. Prates a eu lieu après la fermeture des marchés brésiliens. Mais à New York, les ADR de Petrobras chutaient de 8 % après l’annonce. Les ADR (American Depositary Receipt) sont des certificats négociables émis par une banque américaine qui représentent une action d’une société étrangère, et s’échangent sur les marchés boursiers aux Etats-Unis comme n’importe quelle action d’une société américaine.

Ingérence gouvernementale dans les affaires de l’entreprise

Jean Paul Prates, 55 ans, est un ancien sénateur du Parti des travailleurs, la formation de gauche de Lula. Il avait été nommé à la tête de Petrobras peu après l’arrivée au pouvoir du nouveau président en janvier 2023. Ses difficultés avaient commencé le 7 mars, quand le conseil d’administration de Petrobras avait décidé de ne verser à ses actionnaires aucun dividende extraordinaire au titre de l’exercice 2023, au cours duquel le fleuron pétrolier avait pourtant réalisé le deuxième plus gros bénéfice de son histoire.

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Le cours du titre Petrobras s’était effondré en Bourse, les analystes voyant dans cette absence de dividendes le résultat d’une ingérence gouvernementale dans les affaires de l’entreprise. Une éventualité qui inquiète les marchés depuis l’arrivée au pouvoir de Lula, qui a accusé à plusieurs reprises les dirigeants de Petrobras de ne penser qu’à satisfaire les actionnaires du groupe, au détriment des consommateurs.

M. Prates lui-même avait affirmé qu’il était « légitime » que le conseil d’administration de Petrobras soit « orienté par le président de la République ». Un peu plus de la moitié du capital de Petrobras est détenu par l’Etat brésilien, et le reste appartient à des actionnaires privés.

Finalement, le 25 avril, les actionnaires de Petrobras ont approuvé le versement de 22 milliards de reais (4 milliards d’euros) de dividendes extraordinaires au titre de 2023, et le placement de 22 autres milliards dans un fonds destiné à garantir le versement de dividendes dans le futur.

Valse de présidents

Même si les actionnaires ont été partiellement satisfaits, M. Prates est resté dans une position instable. Selon les médias brésiliens, de vives tensions l’opposaient au ministre de l’énergie, Alexandre Silveira.

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Après son retour au pouvoir, Lula avait mis un coup d’arrêt au processus de privatisation de Petrobras lancé par son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), sous lequel le groupe avait connu de sérieuses turbulences : quatre présidents s’étaient succédé à la tête de l’entreprise, en raison de violents désaccords au sujet de la politique tarifaire de Petrobras.

En 68 ans d’existence, Petrobras a connu une valse de présidents : 39 précisément − Mme Chambriard sera la 40e − avec une longévité moyenne inférieure à deux ans.

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Le Monde avec AFP

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