« J’avais un taf, j’avais une meuf !… », se désole-t-il. A l’aube de la quarantaine, « je » n’a plus grand-chose. Le ventre rebondi et le crâne dégarni, le héros de Bref n’a pas beaucoup avancé depuis que la pastille créée sur Canal+ s’est – provisoirement – conclue, en 2013. Bref, c’était deux minutes de vie en accéléré et en voix off, sur fond de crise de la trentaine, de désordres amoureux et d’amitiés névrotiques. Ceux qui n’ont pas loupé un seul des 82 épisodes se souviennent peut-être du dernier, une balade dans un jardin public au son des petites voix intérieures de chacun des promeneurs. Seul un vieux monsieur, assis sur un banc, se taisait. « Je suis bien. » La fin de Bref serait-elle déjà écrite ?
Kyan Khojandi rappelle qu’il aura quand même fallu dix ans pour que son carnet d’idées et de blagues, ainsi que celui de son compère d’écriture, Bruno Muschio (alias « Navo »), se remplisse. « On ne trouve pas une pépite tous les jours, loin de là, c’est plutôt tous les six mois, plaisante l’humoriste entre deux quintes de toux, scories de la grippe hivernale qui met la France K.-O. Mais en dix ans de vie, de voyages, de hauts et de bas, on en avait ramassé suffisamment pour construire une nouvelle histoire. »
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