En quelques jours de conflit dans le golfe Arabo-Persique, des bases militaires, des complexes énergétiques, des centres de données, ainsi que des hôtels de luxe ont été visés par les forces iraniennes. Le dimanche 8 mars, ce fut au tour d’une station de dessalement à Bahreïn d’être la cible d’un drone iranien.
Quatre cents stations se trouvent dans la région. Elles comptent pour 60 % des capacités mondiales installées et assurent 40 % de la production totale d’eau dessalée de la planète. Elles sont stratégiques pour l’alimentation en eau des Etats du Golfe.
Le Qatar dépend à 99 % du dessalement pour alimenter sa population, de même que le Koweit, où ce chiffre atteint 90 %. La désalinisation est également cruciale pour le royaume d’Arabie saoudite, qui possède la plus grande capacité de dessalement au niveau mondial, fournissant 70 % des ressources en eau du pays. Situation identique aux Emirats arabes unis, au deuxième rang derrière leur voisin saoudien, où cette technologie fournit 42 % des besoins.
Si les sites de dessalement des pays du Golfe font l’objet de bombardements, une ligne rouge est assurément franchie. La réponse des gardiens de la révolution et de l’armée iranienne ne pourrait pas rester sans réaction proportionnée : s’en prendre à l’eau, c’est priver les populations d’une ressource essentielle à la vie, mais aussi empêcher les hôpitaux de fonctionner et frapper l’industrie pétrolière, dont l’empreinte en eau est significative.
L’Iran se sait lui-même très vulnérable en matière d’alimentation hydrique : il suffirait de peu pour que la coalition israélo-américaine annihile ses capacités hydrauliques, mises à mal par plusieurs années consécutives de sécheresse. Il ne faut pas oublier qu’en décembre 2025 le président iranien, Massoud Pezeshkian, appelait la population de Téhéran et de son agglomération, soit 15 millions de personnes, à quitter la ville en raison de l’approche d’un « jour zéro », soit le moment où la capitale iranienne serait totalement à sec.
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