Le bombardement de l’école de Minab, le 28 février, au premier jour de l’offensive israélo-américaine en Iran, n’était pas une erreur de ciblage mais une attaque « calculée » des Etats-Unis, a estimé, vendredi 27 mars, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, dans un message vidéo diffusé lors d’une réunion d’urgence du Conseil des droits de l’homme, à Genève.
« Les déclarations contradictoires des Etats-Unis visant à justifier leur crime ne sauraient en aucun cas les exonérer de leur responsabilité (…). Plus de 175 élèves et enseignants ont été massacrés de sang-froid », a-t-il ajouté, qualifiant cette attaque de « crime de guerre et de crime contre l’humanité ».
Le président américain, Donald Trump, a d’abord nié toute implication des Etats-Unis, avant de faire en partie machine arrière et d’annoncer qu’il « s’accommoderait » des conclusions de l’enquête ouverte par le Pentagone.
Selon le New York Times, qui cite des responsables américains et des sources proches de l’enquête, le missile qui a touché l’école a bien été tiré par l’armée américaine après une erreur de ciblage.
Une « atrocité injustifiable »
« A l’heure où les agresseurs américano-israéliens affirment eux-mêmes posséder les technologies les plus avancées et les systèmes militaires et informatiques les plus précis, nul ne peut croire que l’attaque contre cette école ait été autre chose qu’un acte délibéré et intentionnel », a insisté le ministre iranien, ajoutant : « Cette atrocité est injustifiable, ne peut être dissimulée et ne doit pas susciter le silence et l’indifférence. »
Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, s’est, quant à lui, ému de « l’horreur profonde » provoquée par le bombardement. « Il revient aux auteurs de l’attaque d’enquêter rapidement, impartialement, de manière transparente et approfondie. Les images de salles de classe bombardées et de parents en deuil ont clairement montré qui paie le prix le plus élevé de la guerre : les civils, qui n’ont aucun pouvoir sur les décisions qui ont mené au conflit », a-t-il ajouté.
Le débat de vendredi devant le Conseil, demandé par l’Iran, Cuba et la Chine, est le second consacré cette semaine à la guerre au Moyen-Orient. Mercredi, un débat demandé par Bahreïn au nom des six pays du Conseil de coopération du Golfe et de la Jordanie portait exclusivement sur les frappes iraniennes contre des pays de la région du Golfe et leurs conséquences pour les populations civiles.
A l’issue de ce débat, les 47 membres du Conseil ont adopté par consensus une résolution condamnant les « attaques odieuses » de l’Iran contre ses voisins du Golfe et appelant à des « réparations » rapides pour toutes les victimes de ces frappes. Le Conseil n’a, en revanche, pas été saisi d’un projet de résolution pour le débat de vendredi.










