L’ultime garde-fou du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, est un homme qui ne respecte lui-même aucun des garde-fous traditionnels de la démocratie américaine : Donald Trump. Ainsi va l’Etat hébreu, en guerre continue depuis l’attaque subie le 7 octobre 2023, dont la puissance militaire n’a jamais été aussi forte et les pouvoirs concentrés dans les mains d’une seule personne. Après douze jours d’intenses bombardements aériens sur deux fronts, l’Iran et le Liban, M. Nétanyahou a résumé, lundi 9 mars au soir, en une formule, sa vision du régime iranien : « Il ne fait aucun doute qu’avec les mesures prises jusqu’à présent, nous leur cassons les os. »
Son entourage, il y a quelques jours, présentait l’attaque conjointe comme un moyen de protéger « le monde civilisé » en plus des citoyens israéliens. « Nous sommes en train de changer le visage du Moyen-Orient », affirme le chef de gouvernement en citant le slogan de son ancienne unité de combat, empruntée aux SAS britanniques : « Qui ose gagne. » Pour oser, le premier ministre ose sur un plan politique, mobilisant le sionisme, l’armée, Dieu et son « ami » Donald Trump. « Avec l’aide de Dieu, ensemble, nous assurerons l’éternité d’Israël », proclame M. Nétanyahou au moment de conclure ses discours comme un président français terminerait par un « Vive la République, Vive la France ».
Benyamin Nétanyahou cumule un total de dix-huit ans et cinq mois à la tête du gouvernement depuis sa première désignation en 1996. Plus que jamais, il est la boussole de la vie politique. Pour le détester. Ou pour l’aduler. Malgré le traumatisme du 7-Octobre, avec la mort de 1 200 personnes et l’enlèvement de 251 otages, son parti, le Likoud (droite nationaliste) demeure le premier parti dans les sondages.
Puissance politique et médiatique
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