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La « fosse commune » de secouristes expose une « guerre sans limite », estime le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU

« J’ai décidé de ne pas mâcher mes mots », a lancé, mercredi par vidéo depuis Gaza, un responsable humanitaire de l’ONU, Jonathan Whittall, qui a participé il y a quelques jours à la mission ayant permis de découvrir les corps de 15 secouristes, dont huit du Croissant-Rouge palestinien et un de l’ONU, à Rafah après des tirs israéliens sur des ambulances.

« Une expérience choquante pour nous », de voir ces secouristes « toujours dans leurs uniformes, avec leurs gants, tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies », a raconté le responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) dans les territoires palestiniens. « Les ambulances ont été touchées une par une », a-t-il détaillé, décrivant les véhicules détruits à côté de ce qu’il a qualifié de « fosse commune ».

L’OCHA avait dit mardi que la première équipe avait été tuée par les forces israéliennes le 23 mars, et que d’autres équipes d’urgence et d’aide avaient été frappées l’une après l’autre pendant plusieurs heures alors qu’elles cherchaient leurs collègues disparus. « Je commence par ce cas parce que je pense qu’il est très emblématique du point que nous avons atteint à Gaza : ce qui se passe ici défie la décence, défie l’humanité, défie la loi. C’est vraiment une guerre sans limite », a lancé Jonathan Whittall. « Quand le cessez-le-feu tenait, nous pouvions livrer de l’aide (…). Maintenant, nous collectons les corps de secouristes. »

En raison notamment des ordres d’évacuation, désormais « 64 % de Gaza n’est pas accessible à la population », a noté le responsable onusien, précisant que quelque 200 000 personnes ont été « redéplacées » depuis la fin du cessez-le-feu, dont environ 100 000 ces derniers jours à Rafah. Et alors qu’Israël a mis un coup d’arrêt à l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza le 2 mars, « la situation humanitaire devient hors de contrôle », a-t-il insisté, notant que les 25 boulangeries gérées par le Programme alimentaire mondial de l’ONU étaient toutes fermées depuis mardi. « C’est une boucle sans fin de sang, de souffrance et de mort. Gaza est devenu un piège mortel, a-t-il lancé. Mes collègues me disent qu’ils veulent juste mourir avec leur famille. Leur peur la plus grande est de survivre seul. »

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