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Histoires Web vendredi, avril 4
Bulletin

Marie-Laure Cottel étale une grande feuille en papier sur la table à manger du salon. « Aujourd’hui on va faire ton génogramme, tu sais ce que c’est ? », demande l’éducatrice spécialisée à Iliana (son prénom a été modifié). La jeune fille, 12 ans, secoue la tête. « C’est un peu comme un arbre généalogique. Dessus tu peux mettre les membres de ta famille, mais aussi tes amis. Et après, tu les relies à toi et tu écris quelques mots sur votre lien », explique Marie-Laure Cottel. Appliquée, la petite fille inscrit le prénom d’un premier frère, d’un deuxième, avant de passer à ses sœurs. « Je ne me souviens plus de son âge, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue », s’excuse-t-elle avec un sourire, en mâchouillant le bout de son stylo.

Assise sur le canapé, la grand-mère, qui fume cigarette sur cigarette en se balançant doucement d’avant en arrière, renseigne avec précision la date de naissance oubliée. Puis elle retourne à son programme télévisé, sans sembler davantage prêter attention à la travailleuse sociale venue rendre visite à sa petite-fille, comme elle le fait une à trois fois par semaine depuis octobre 2024 – date à laquelle un magistrat a ordonné, pour un an, le placement éducatif à domicile (PEAD) de l’enfant, au passé familial complexe.

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