
A l’approche du centième anniversaire de György Kurtag, le 19 février, les concerts en hommage au compositeur hongrois se sont multipliés un peu partout en Europe. Celui proposé, vendredi 13 février, à l’auditorium du Louvre, à Paris, par le pianiste Pierre-Laurent Aimard, avait une saveur particulière. Tant par l’exécution de quelques pages non encore publiées que par l’assurance de les entendre dans une interprétation dont chaque note avait été précisément modelée au contact du très exigeant Hongrois.
Par exemple, le do qui, joué dans tous les registres du piano et presque sur tous les tons, constitue l’unique matière musicale du Prélude choisi par Pierre-Laurent Aimard pour débuter son récital. Le premier d’une trentaine de Jatekok (« jeux ») à même de restituer le long parcours d’un compositeur pas comme les autres (ses contemporains ayant plutôt voulu donner le « la » de la modernité). Deux heures plus tard, le pianiste tétanisé met fin au panorama des Jatekok par Marta’s Ligature, partition écrite en 2021 par György Kurtag, en mémoire de son épouse, Marta, morte deux ans auparavant. Pierre-Laurent Aimard quitte alors la scène, hagard, sans saluer, comme après un séjour dans l’au-delà.
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