Longtemps perçu comme un eldorado académique, conjuguant qualité de l’enseignement, infrastructures modernes et frais modérés – surtout au Québec –, le Canada voit cette image se fissurer. En cause, la mise en place par le gouvernement, en janvier 2024, d’un plafond d’approbation des permis d’études pour les étrangers. Lors de la présentation de son nouveau plan d’immigration, en novembre 2025, Ottawa a encore réduit la voilure, en abaissant le nombre de ces permis – 155 000 nouveaux étudiants étrangers autorisés pour 2026, soit moitié moins qu’en 2025. De même, les conditions d’admission des permis de séjour postdiplôme deviennent plus sélectives. L’inquiétude gagne les établissements, qui peinent à préserver leur pouvoir d’attraction et craignent une baisse de qualité de leur enseignement.
Au Québec, certaines institutions francophones enregistrent une véritable hémorragie : l’Ecole nationale d’administration publique a vu son nombre d’inscrits internationaux chuter de près de moitié en un an. Si Campus France, agence nationale spécialisée dans la mobilité étudiante, n’a pas encore mesuré la baisse globale de départs d’étudiants français vers le Canada, certaines écoles ont tenu leurs comptes. A titre d’exemple, l’Ecole d’ingénieurs aéronautique et spatial Paris-IPSA, qui y envoyait chaque année une vingtaine d’étudiants, a dû réduire la cohorte de partants à six en 2025 et à trois pour la rentrée 2026. Soit une baisse de 85 % en deux ans.
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