
A quinze mois de la fin de son mandat, Emmanuel Macron peut-il encore se rendre audible auprès d’un monde agricole pétri de défiance, malmené par les crises successives et de plus en plus tenté par la radicalité des discours dégagistes ? Dans les allées du 62e Salon international de l’agriculture, samedi 21 février, le chef de l’Etat vient avant tout pour « témoigner de son soutien au monde agricole », appuie son entourage.
Mais la déambulation du chef de l’Etat au cours de ce rituel annuel se voit une nouvelle fois contrariée par la colère agricole. Deux syndicats ont annoncé vouloir boycotter sa venue porte de Versailles : la Coordination rurale, proche de l’extrême droite et la Confédération paysanne, classée à gauche. « Ils veulent profiter de cette caisse de résonance qu’est le Salon de l’agriculture pour continuer à mener la bataille syndicale qui n’a jamais vraiment cessé depuis les élections aux chambres d’agriculture de 2025 », estime le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, Stéphane Travert.
Les deux organisations, qui contestent l’hégémonie du principal syndicat, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), ont été, ces derniers mois, les forces motrices de la mobilisation contre la stratégie gouvernementale de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse. L’abattage systématique de troupeaux contaminés pour éradiquer l’épizootie avait cristallisé l’émotion d’un monde agricole épuisé par les aléas climatiques et vent debout contre la concurrence déloyale imputée aux normes et aux barrières tarifaires.
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