Une petite foule de militants macronistes est venue l’acclamer. Mais ce jeudi 27 février, lorsqu’il franchit les portes du Salon de l’agriculture, à Paris, pour saluer Oupette, la vache égérie, Gabriel Attal, sait que rien n’est plus comme avant. Il y a un an, jour pour jour, celui qui était alors premier ministre, était arrivé triomphant au petit matin pour assister à la traite. Un accueil chaleureux lui avait été réservé, à mille lieues du chahut infligé peu avant à Emmanuel Macron, hué et insulté par des agriculteurs en colère, notamment ceux de la Coordination rurale, syndicat proche de l’extrême droite.
L’épisode avait fait enrager le président de la République, furieux de prendre la foudre quand son premier ministre récoltait des louanges en se targuant d’avoir circonscrit, à lui seul ou presque, la souffrance paysanne. C’en était suivi des tensions entre les deux hommes. Le « début des emmerdes », résume-t-on chez les « attalistes ».
Un an plus tard, Gabriel Attal, balayé par la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024, n’est plus aux commandes de l’Etat. Le voici redevenu simple député des Hauts-de-Seine. Une tranche de saucisson dans une main, un verre de bière dans l’autre, il déambule d’un stand à l’autre, l’oreille attentive et la moue compatissante, tâchant de ne pas laisser transparaître la fatigue liée à son récent voyage en Ukraine, ponctué de nuits marquées par d’incessantes alertes à la bombe.
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