LETTRE DE MONTRÉAL
Dès que les portes métalliques du camion se sont ouvertes, les bisons des bois ont bondi dans la lumière de l’hiver pour s’ébrouer sous les flocons. Pour la nation métisse de Willow Lake, dans le nord de l’Alberta, la scène qui s’est jouée le 18 février est historique : c’était la première fois depuis plus de cent vingt ans que le bison revenait sur ses terres.
Vingt bisons, transférés du parc national d’Elk Island, également situé dans l’Alberta, ont été relocalisés sur un ranch autochtone du hameau d’Anzac. Le bison des bois, plus massif que son frère des plaines, frôle la tonne. Sa large tête sombre, son front bombé comme un vieux capot recouvert de laine, son épaisse toison brune qui s’étoffe en hiver et ses cornes, courtes et polies comme des poignées d’acier, imposent le respect.
« Il y a chez eux une force et une grâce qu’on ne peut pas vraiment décrire tant qu’on ne les a pas vus bouger dans leur environnement », raconte Matthew Michetti, responsable des relations gouvernementales pour la nation métisse de Willow Lake. « Nos aînés étaient submergés par l’émotion quand les bêtes sont sorties du camion. » Les Métis sont l’un des trois peuples autochtones reconnus du Canada, né des unions entre des membres des Premières Nations et des colons européens. Ils sont près de 585 000 au Canada.
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