Telle une rock star, le pasteur Victor Passos, quadragénaire aux bras tatoués, entre sur une scène baignée de lumières LED violacées, sous les applaudissements d’une centaine de fidèles regroupés dans un immense hangar aux murs noirs. « Notre maison est belle, n’est-ce pas ? », lance-t-il, tandis que des guitaristes et un batteur aux cheveux longs jouent du gospel à plein volume.
Au Brésil, les cultes des quelque 470 églises de la congrégation évangélique Lagoinha, fondée en 1957, n’ont rien de conventionnel. Celui du dimanche 22 mars à 10 heures, dans leur nouvelle église, inaugurée en août 2025 dans un quartier du sud-ouest de Rio, à proximité d’un centre commercial, ressemble davantage à un concert ou à une soirée en boîte de nuit qu’à un office religieux.
A son image, depuis la fin des années 1990, un nombre croissant d’églises évangéliques, souvent appelées « churches » (« églises » en anglais), organisent leurs cultes dans des cadres atypiques afin d’attirer une jeunesse branchée. Inspirées d’églises américaines, « elles cherchent à se démarquer de l’esthétique des petites églises des quartiers périphériques, associées à des populations plus modestes et à une tenue vestimentaire formelle, en adoptant une image plus joviale et moderne », observe Vinicius do Valle, politiste et directeur de l’Observatoire évangélique.
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