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Le comte Etienne Davignon, ancien diplomate belge de 93 ans, « a décidé » de faire appel de son renvoi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour complicité présumée dans l’assassinat, en janvier 1961, de l’ex-dirigeant congolais Patrice Lumumba, a annoncé, vendredi 27 mars, Me Johan Verbist, son avocat.

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Soixante-cinq ans après les faits, la chambre du conseil de Bruxelles avait ordonné, le 17 mars, son renvoi en procès, et M. Davignon disposait de quinze jours pour faire appel. Il est le dernier homme encore en vie parmi la dizaine de fonctionnaires, de policiers ou d’agents du renseignement belges initialement visés dans la plainte déposée en 2011 dans la capitale belge par la famille de Patrice Lumumba.

Cette plainte pour crimes de guerre, tortures et traitements inhumains visait « diverses administrations de l’Etat belge » et leur participation à « un vaste complot en vue de l’élimination politique et physique de Patrice Lumumba ». La Belgique est l’ancienne puissance coloniale du Congo – actuelle République démocratique du Congo –, devenu indépendant en juin 1960.

A l’époque diplomate stagiaire pour les affaires étrangères belges, Etienne Davignon est soupçonné d’avoir été mêlé à la décision de transférer le héros de l’indépendance congolaise Patrice Lumumba dans la région sécessionniste du Katanga, où ce dernier avait été assassiné par des séparatistes aidés de mercenaires belges.

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Un nouveau débat prévu à huis clos

Au bout de quatorze ans d’instruction, le parquet fédéral belge avait demandé en 2025 le renvoi en correctionnelle de M. Davignon pour participation à des crimes de guerre, des faits imprescriptibles.

La demande a été suivie il y a dix jours ; une juridiction d’instruction a considéré qu’il devait être jugé pour « détention ou transfert illicite » de Patrice Lumumba, pour avoir privé ce prisonnier de guerre du droit à un procès équitable après son arrestation, et pour des « traitements humiliants et dégradants ».

Patrice Lumumba, premier premier ministre du Congo indépendant, avait été renversé par un coup d’Etat dès septembre 1960. Il avait été fait prisonnier par le nouveau pouvoir, puis transféré au Katanga, où il avait été assassiné le 17 janvier 1961 en même temps que deux de ses frères d’armes, Maurice Mpolo et Joseph Okito. Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé.

Désormais, un nouveau débat va opposer à huis clos les avocats des différentes parties. Si la décision de première instance est confirmée et qu’un procès est in fine ordonné, il ne se tiendra pas avant janvier 2027, avait affirmé, le 17 mars, Christophe Marchand, avocat des enfants et petits-enfants Lumumba.

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Le Monde avec AFP

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