Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé, mardi 10 février, la construction d’un four électrique d’une capacité de deux millions de tonnes d’acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.
Le projet, annoncé en janvier 2024 par le géant de l’acier, comprenait initialement deux fours et chiffré jusqu’à 1,8 milliard d’euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d’euros, a précisé ArcelorMittal. Le début des travaux est prévu « dans les semaines qui viennent » et le démarrage du four « courant 2029 », a précisé le président d’ArcelorMittal France, Alain Grix de la Salle.
Ces annonces ont ensuite été officialisées en présence du président Emmanuel Macron, en visite sur le site. Celles-ci, « fruit de notre mobilisation à tous », « vont permettre de consolider la bataille pour décarboner, pour être indépendant, pour produire », s’est félicité le chef de l’Etat.
L’investissement sera financé à hauteur de 50 % par le mécanisme de certificats d’économie d’énergie (CEE), un dispositif encadré par l’Etat qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d’énergie.
L’un des deux hauts-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera « en rythme de production normale », c’est-à-dire dans les « années à peu près 2030 », a-t-il précisé, ajoutant que le site devait garder « un niveau total de production stable » à 5,5 millions de tonnes. Les hauts-fourneaux fabriquent de l’acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60 % avec de l’acier recyclé.
Cinq millions de tonnes d’acier décarboné
ArcelorMittal a salué dans un communiqué « les progrès accomplis par la Commission européenne », citant les restrictions sur les importations d’acier en Europe, dont le groupe espère qu’elles seront mises en œuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
Le PDG d’ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour « leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l’acier » qui « vont bénéficier à l’ensemble de l’industrie de l’acier en Europe, à commencer par Dunkerque ».
Avec deux fours électriques en cours d’agrandissement à Sestao, en Espagne, ArcelorMittal prévoit d’avoir « une capacité proche de 5 millions de tonnes d’acier en acier décarboné ». En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 « un contrat sur dix-huit ans pour les sites français du groupe » lui garantissant un accès à l’énergie « à un coût compétitif », a souligné l’Elysée.










