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C’est un sujet d’inquiétude pour les acteurs de la protection de l’enfance : la persistance de l’hébergement hôtelier, en principe interdit – ou limité à des situations dérogatoires – par la loi Taquet de 2022, les renvoie, disent-ils, à leurs « limites ». « Outre le fait que le placement à l’hôtel est aujourd’hui contraire à la loi, c’est aussi et, peut-être surtout, la manière dont ces jeunes sont pris en charge qui est insupportable, témoigne Laurent (il a souhaité rester anonyme), travailleur social en région francilienne. Il arrive très régulièrement que ces adolescents [il en a accompagné une trentaine depuis 2022] se retrouvent seuls dans une chambre insalubre. Ils tournent en rond, nous disent qu’ils se sentent coincés, “en prison”. Les garçons parlent du “vide” qu’ils ressentent au quotidien ; les filles, de leur insécurité. On en voit certains happés par le deal, la prostitution. Et nous, on se sent très impuissants face à ça. »

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Depuis la publication, le 18 février 2024, des décrets d’application de la loi Taquet, deux ans après sa promulgation, ce type de placement est encore possible « à titre dérogatoire » dans des structures d’hébergement jeunesse et sport ou relevant du régime de la déclaration, mais seulement pour des jeunes de plus de 16 ans (et jusqu’à 21 ans), dans des situations dites « d’urgence », et pour une durée limitée à deux mois, précisent les textes officiels. Ils imposent par ailleurs une « surveillance de nuit comme de jour » au sein de la structure, par au moins un « professionnel formé ». Voilà pour la théorie.

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