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A partir de la rentrée scolaire 2026, les modalités d’affectation dans les lycées publics sur la plateforme Affelnet seront « ajustées » à Paris, a annoncé, mercredi 25 mars, le rectorat. « Les ajustements opérés (…) tiennent compte des nouvelles modalités nationales de calcul du diplôme national du brevet [DNB] et assurent une plus grande progressivité dans la prise en compte du bonus lié à l’indice de positionnement social [IPS] du collège de scolarisation », souligne le rectorat de Paris dans un communiqué.

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Conformément à la réforme du DNB, le socle de compétences n’est plus intégré et seules les notes de la classe de 3e seront prises en compte pour l’affectation en seconde générale et technologique. Les notes ne sont plus converties en points : sera retenue désormais la moyenne annuelle de chaque discipline.

Les collèges seront divisés en quatre groupes d’IPS, qui mesure l’environnement socio-économique des élèves, contre trois jusqu’à présent, afin d’avoir « un système rééquilibré et plus progressif de prise en compte du critère social ». Un cinquième d’entre eux n’auront aucun bonus, les 80 % restants un bonus compris entre 400 et 1 200, par tranche de 400 – contre 600 précédemment.

Une mixité sociale qui progresse

L’affectation dans les lycées publics de l’académie de Paris reste « déterminée par un barème attribué à chaque élève et calculé à partir de trois critères, du plus au moins prépondérant dans l’affectation », insiste le rectorat. Il s’agit de la sectorisation, des résultats scolaires et des critères sociaux (quotas d’élèves boursiers par lycée et bonus lié à l’IPS du collège de scolarisation).

En 2025, 90,9 % des collégiens ont obtenu l’un de leurs trois premiers vœux, selon le rectorat, qui se félicite du bilan 2025, notamment de « la réduction des écarts » d’IPS entre lycées publics et « d’une plus grande mixité scolaire en leur sein ».

La réforme d’Affelnet à Paris a été lancée en 2021 pour réintroduire de la mixité et lutter contre la hiérarchisation des lycées. Avant, Paris était divisé en quatre districts et les élèves de 3e postulaient dans une dizaine de lycées de leur périmètre. Ils peuvent désormais postuler dans des lycées situés à vingt-cinq minutes maximum de transport de leur domicile, ou des lycées plus éloignés mais sans être prioritaires.

Les collégiens et leurs parents pourront inscrire leurs 10 vœux à partir du 6 mai.

Affelnet Paris, une réforme contre la ségrégation sociale

La réforme d’Affelnet Paris – cette plate-forme d’affectation utilisée pour tous les élèves de 3e, mais paramétrée différemment dans la capitale – est entrée en vigueur en 2021. A l’époque, Paris est divisée en quatre grands secteurs, de densité inégale, avec une forte proportion d’enfants dans le Nord-Est souhaitant entrer dans quelques « très bons » lycées du centre, devenus des « lycées de niveau » avec une barre d’admission très élevée. L’évitement et la ségrégation sont criants dans certains établissements comme les lycées Bergson (19arrondissement) et Voltaire (11e). La réforme prévoit que chaque collège est associé à un secteur de cinq lycées, dans lesquels tous les élèves de ce collège sont assurés d’avoir une place. La « carte » est censée faire figurer un panachage de « très bons » lycées, de choix intermédiaires, et de lycées moins cotés. Pour y postuler, les élèves cumulent des points en fonction de leurs notes par paliers de cinq points, ce qui signifie qu’une moyenne de 15 et une moyenne de 19 déclenchent le même nombre de points – un aspect critiqué, et qui pourrait être réévalué. Ils ont également des points s’ils postulent dans le secteur qui leur a été désigné (demander un lycée « hors secteur » fait perdre de nombreux points), mais aussi en fonction de leur collège d’origine, qui peut déclencher un « bonus IPS » de 600 ou 1 200 points selon le profil social du collège. Cela permet de valoriser les familles qui ont joué le jeu de la mixité en restant dans leur établissement de secteur entre la 6e et la 3e.

Le Monde avec AFP

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