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En 2007, Tesco voulait conquérir l’Amérique. Le premier distributeur britannique, alors numéro trois mondial derrière Walmart et Carrefour, avait envoyé une cinquantaine de cadres vivre incognito sur la côte ouest. Leur mission ? Inspecter en douce les frigos des familles américaines, ouvrir un faux magasin sous prétexte du tournage d’un film, pour comprendre les habitudes d’achats alimentaires des locaux.

Ce travail n’aura servi à rien. Six ans plus tard, le distributeur se retirait piteusement de l’Ouest américain, où il avait ouvert 200 supermarchés sous bannière Fresh & Easy, un concept trop éloigné des attentes des consommateurs. Tesco n’est pas le seul à avoir échoué outre-Atlantique : de Carrefour à Marks & Spencer, le marché américain apparaît comme le cimetière des ambitions de la grande distribution européenne.

Pas de quoi décourager Action, qui se lance à la conquête de l’Est américain. Le discounter néerlandais a annoncé, jeudi 26 mars, son intention d’investir entre 350 et 400 millions d’euros afin d’implanter 100 magasins outre-Atlantique d’ici à 2030. Le premier point de vente devrait ouvrir « fin 2027 ou début 2028 ». Trois Etats visés dans un premier temps, au nord de la Floride : la Caroline du Nord et du Sud, la Géorgie. Une équipe, combinant des locaux et des « leaders expérimentés » d’Action, se met en place. « Nous reconnaissons que le marché américain est différent et nous savons que d’autres détaillants européens s’y sont implantés, certains avec plus de succès que d’autres », a admis la directrice générale d’Action, Hajir Hajji, affirmant qu’elle avait « tiré les leçons de ces expériences ».

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