La campagne des municipales touche à sa fin dans les 34 875 communes françaises… Si elle a parfois été percutée par l’agenda national et international, aucune autre élection ne peut prétendre mobiliser en leur nom autant de citoyens : quelque 900 000 candidats et 50 000 listes. Ce moment démocratique local, plus ou moins à distance des considérations partisanes selon les territoires, s’inscrit dans une ambiance nationale particulière.
Si les maires restent une vigie pour les Français, en six ans, le vent politique a tourné. Les préoccupations écologistes perdurent, mais reculent dans l’ordre des priorités. Et là où les Verts engrangeaient en 2020 de bonnes opinions, c’est désormais le Rassemblement national (RN), qui, plus que les autres, bénéficie d’une présomption favorable. Cette année encore, l’enquête électorale française menée par Ipsos BVA pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès permet, par son large échantillon de 10 927 personnes inscrites sur les listes électorales, d’analyser en profondeur le paysage politique à la veille des élections municipales des 15 et 22 mars, et de scruter avec des marges d’erreur réduites toutes ses nuances, partisanes, sociales ou géographiques.
Réalisée en ligne du 27 février au 5 mars 2026 auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, elle donne à voir des maires figures de confiance et de contact, en particulier dans les petites villes où l’édile reste largement accessible. L’étiquette partisane joue peu dans ce rapport, puisque seuls 8 % mentionnent le fait que leur édile soit de la même sensibilité politique qu’eux comme un critère de confiance. Le fait qu’il soit perçu comme honnête (64 %) et tenant ses promesses (52 %) est bien plus déterminant. Plus la ville est petite, plus le maire est consensuel, mais même dans les villes de plus de 100 000 habitants, six sondés sur dix jugent bon ou excellent le bilan de l’équipe municipale sortante et 48 % souhaitent voir reconduite la majorité sortante. De quoi éloigner l’idée d’un cru « dégagiste » pour les municipales 2026.
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