La barque a glissé jusqu’à la porte d’entrée. Déjà, quand elle est passée sans encombres au-dessus du portail du jardin, William Tardy a acté « les 2 mètres d’eau dans la rue » et son front s’est plissé. Il se représentait ce que cela signifiait comme destructions pour la maison de son enfance. Quand il est entré, il n’a rien dit, juste voulu remonter le petit meuble du couloir et le réfrigérateur, qui baignaient dans 40 centimètres d’eau insalubre.
L’agent municipal savait sa venue trop tardive dans cette maison basse d’où sa mère a été évacuée le 11 février, mais n’a pu s’empêcher de répéter, pour ce bien familial, ces gestes qu’il fait chaque jour dans les autres maisons de Saintes (Charente-Maritime) depuis une semaine : surélever encore et encore tout ce qui peut l’être. Une fois reparti du lieu dévasté, où les lés de papier peint décollé flottaient dans l’eau, il a fixé un bâtiment plus loin dans la rue : « c’est là que j’ai appris à lire ; dans l’école sous les eaux ».
Cette école et une autre resteront fermées jusqu’à la décrue, les enfants répartis dans d’autres établissements. Mais pour les familles, ce week-end de fin de vacances scolaires s’est déroulé au rythme de la récupération des cartables et des cahiers, en barque, dans des maisons vides.
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