Les parents d’élèves de l’école Emile Zola de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ont voté en faveur du déménagement rapide des classes de maternelle situées dans une annexe jouxtant un point de vente de drogue, a annoncé le maire de la ville, jeudi 3 avril.
« La proposition de transférer les 4 classes dès la rentrée des vacances de printemps a été majoritairement retenue », écrit Karim Bouamrane sur X. Cent ont voté en faveur d’un transfert en avril et 97 en septembre, précise le maire socialiste.
« Maintenant, je compte sur les autorités compétentes qui se sont engagées au plus haut niveau (…) pour que cette annexe puisse accueillir de nouveau les enfants dans un environnement sécurisé », ajoute-t-il, évoquant des propos d’Elisabeth Borne.
Jeudi matin sur France 2, la ministre de l’éducation a promis que « l’école ne reculera[it] jamais face à la violence ». « On en a parlé avec Bruno Retailleau [ministre de l’intérieur]. Evidemment, le gouvernement est déterminé à rétablir un environnement sûr pour cette école », même si « des classes peuvent déménager provisoirement ».
« Rétablir un environnement sûr »
« Notre objectif, c’est que l’école puisse se réinstaller », a-t-elle souligné, ce qui supposera « des travaux de sécurisation, mais, surtout, un travail pour rétablir un environnement sûr ».
Organisée par la municipalité, la votation citoyenne a eu lieu après le jet, en janvier, d’une bonbonne de protoxyde d’azote dans une fenêtre de l’école. Depuis mai 2024, des petits sachets de drogue ont également été retrouvés trois fois dans la cour de récréation. Enclavée au cœur de la cité Zola-Arago, l’annexe de l’école maternelle, qui regroupe quatre classes et 60 élèves, devrait être transférée à quelques centaines de mètres, dans les locaux du relais petite enfance et au sein d’un groupe scolaire.
Le député Insoumis Eric Coquerel avait précédemment estimé que « l’école, à cet endroit-là, était le dernier signe d’un service public, d’une vie citoyenne (…) L’école fermant, ça veut vraiment dire que vous laissez place nette au trafic ».
Face aux critiques, le maire de Saint-Ouen avait assuré qu’en cas de déménagement, « une association culturelle d’adultes s’installera[it], donc il n’y aura pas de recul du service public ». « Tous les mètres carrés seront occupés par la puissance publique », assure Karim Bouamrane.