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A Grenoble, Alain Carignon (LR) crée la surprise en devançant Laurence Ruffin (gauche)

Le candidat Les Républicains Alain Carignon a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour à Grenoble, devançant légèrement la favorite Laurence Ruffin, à la tête d’un collectif de partis écologistes et de gauche. M. Carignon a obtenu 27,04 % des suffrages, et Mme Ruffin 26,33 % dans cette ville de 160 000 habitants remportée par les écologistes dès 2014, selon des résultats complets mais encore provisoires. Seules 372 voix séparent M. Carignon de Mme Ruffin, que les différents sondages donnaient pourtant largement en tête avec 34 % d’intentions de vote contre 25 % pour M. Carignon et 10 % pour LFI.

Deux autres candidats sont susceptibles de se maintenir au second tour : le candidat La France insoumise Allan Brunon (14,59 %) et Romain Gentil, à la tête de la liste Grenoble Capitale Citoyenne, qui réunit Place Publique, le PRG et le parti écologiste Equinoxe (10 %). Un cinquième candidat, le centriste Hervé Gerbi (Horizons), manque de peu de se qualifier avec 9,63 % des voix. Le Rassemblement national de Valentin Gabriac plafonne à 5,20 %.

Mme Ruffin représente un collectif rassemblant une douzaine de partis dont le Parti socialiste. Elle avait reçu le soutien du maire écologiste sortant Eric Piolle, qui avait annoncé de longue date qu’il ne briguerait pas de troisième mandat. Pendant ses deux mandats, il avait fait de Grenoble un laboratoire politique écologiste et l’avait cogérée avec LFI.

La cheffe d’entreprise et sœur du député François Ruffin (ex-« insoumis »), interrogée avant le scrutin sur d’éventuelles alliances de second tour, n’avait fermé aucune porte, disant vouloir « faire en sorte que Grenoble reste une ville de gauche et une ville écologiste ».

Malgré son retard dans les sondages et ses casseroles judiciaires, l’ancien ministre Carignon, 77 ans, candidat malheureux au scrutin de 2020, qu’il avait à l’époque présenté comme son « dernier tour de piste », avait refusé de se déclarer battu. Dénonçant une ville en proie aux narcotrafiquants, il avait fait de la sécurité l’un de ses principaux chevaux de bataille. « A mon âge, je n’ai pas de carrière à construire, d’avenir à préserver, pas d’ambition personnelle à assouvir », avait fait valoir celui qui dirigea Grenoble de 1983 à 1994 avant d’être condamné en 1996 à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité, pour « corruption » et « abus de biens sociaux ».

L’ancien ministre de Jacques Chirac et Edouard Balladur, qui a passé ces dernières années à croiser le fer avec M. Piolle au conseil municipal, a aussi réussi à rallier à sa liste un autre candidat, le centriste Pierre-Edouard Cardinal, au grand dam du parti Renaissance qui l’avait désavoué.

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