
Au moins neuf personnes sont mortes lors du passage du cyclone Gezani à Madagascar, selon un premier bilan des autorités malgaches, qui font aussi état de 19 blessés, mercredi 11 février. Après avoir frappé de plein fouet la deuxième ville du pays, Toamasina, mardi soir avec des rafales soufflant à 250 km/h, le système s’est nettement affaibli en touchant terre, mais continue de traverser l’île d’est en ouest, causant des risques d’inondations.
Les neuf morts recensées par le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNRGC) sont survenues « dans la région d’atterrissage du cyclone » et « suite à des effondrements de maison ».
Des vidéos partagées par la présidence montrent le nouvel homme fort du pays, le colonel Michaël Randrianirina, pataugeant dans les rues inondées de la cité portuaire. Il s’était rendu préventivement à Toamasina, également appelée Tamatave − son nom sous la colonisation française − pour témoigner son soutien à la population, quatre mois après la prise de pouvoir des militaires.
Sur les images, cette ville verdoyante, comptant près de 400 000 habitants, apparaît défigurée, ses rues jonchées de centaines d’arbres arrachés par les vents les plus violents du cyclone, dont l’œil a directement touché la ville.
« Le chaos total »
Une vidéo aérienne partagée par le BNGRC montre des toits de tôle éventrés à perte de vue et les palmiers de l’avenue de l’Indépendance renversés comme de simples allumettes. « C’est le chaos total, 90% des toits des maisons se sont envolés, tout ou en partie », décrit à l’Agence France-Presse un responsable régional de l’ONG Action contre la faim, Rija Randrinarisoa. « Les routes sont totalement inaccessibles, du fait des arbres au sol, des tôles. Les voitures ne peuvent pas circuler. »
Le centre météorologique régional spécialiste des cyclones de l’île française de La Réunion a évoqué dans son bulletin « l’un des impacts directs les plus intenses de l’ère satellitaire sur le secteur de Tamatave, rivalisant probablement avec Geralda ». En février 1994, ce cyclone avait fait au moins 200 morts et 500 000 sinistrés.
Gezani devrait regagner en intensité en rejoignant le canal du Mozambique et retrouver alors le stade de cyclone, d’après les prévisions du CMRS. Il pourrait frapper à partir de vendredi soir le sud de ce pays d’Afrique australe, déjà sinistré par d’impressionnantes inondations depuis le début de l’année.











