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Nuit sans aube, le quatrième opéra de Matthias Pintscher, a pour théâtre la forêt. A l’Opéra-Comique, à Paris, où il est donné en création française jusqu’au mardi 17 mars, on entre d’emblée dans le vif du sujet. Le personnel d’accueil est coiffé d’un double rameau du meilleur effet, qui annonce autant le plateau sylvestre où se déroulera l’intrique que la fosse d’orchestre où… les bois (notamment la clarinette basse) ressortiront du lot.

Lire l’entretien avec Matthias Pintscher (2023) : Article réservé à nos abonnés Matthias Pintscher, directeur de l’Ensemble intercontemporain : « Il faut réfléchir à ce que doit être le format d’un concert dans le monde d’après la pandémie de Covid-19 »

Allemand de naissance, Matthias Pintscher, 55 ans, est un musicien cosmopolite qui vit à New York et a passé dix ans à Paris, de 2013 à 2023, en tant que directeur musical de l’Ensemble intercontemporain. La question de la langue ne lui est donc pas indifférente. Le projet de Nuit sans aube en témoigne. L’opéra a été conçu en deux versions. L’une, en allemand, créée le 11 janvier à l’Opéra de Berlin, sous le titre de Das kalte Herz (« le cœur froid ») ; l’autre, en français, sous le titre de Nuit sans aube, créée deux mois plus tard à l’Opéra-Comique, également commanditaire de l’ouvrage.

Si l’on ajoute que l’orchestration a été allégée pour les représentations parisiennes et que, des instrumentistes aux chanteurs, les interprètes ont aussi changé, il n’est pas interdit de penser que l’identité de l’œuvre en aura été affectée de façon non négligeable. D’autant plus que sa source, un conte moral qui a connu plusieurs adaptations cinématographiques, a été écrite en allemand par Wilhelm Hauff (1802-1827).

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