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Lors de la dernière exposition parisienne de Miriam Cahn, au Palais de Tokyo en 2023, la figure humaine était omniprésente : têtes et corps. L’expression était intense et crue. L’extrême droite y trouva matière à scandale, et une œuvre fut dégradée par un ancien élu du Front national. Aujourd’hui, ni têtes ni corps, mais presque uniquement des objets, un par œuvre, sur toile ou papier. Ils se reconnaissent aussitôt : brosse à dents et son tube de dentifrice, sèche-linge et sa lessive, anorak rouge, etc. La plupart sont d’un réalisme neutre. Mais le sac à main est translucide, afin que se voient le porte-monnaie et les clés à l’intérieur, et la casserole l’est aussi, de sorte que l’on sait que c’est un poulet qui y cuit.

Lire la critique (en 2023) : Article réservé à nos abonnés Au Palais de Tokyo, Miriam Cahn, hantée par le monde

« Je voulais une exposition fade », dit l’artiste, quoique les couleurs soient loin de l’être, ni celles des choses, ni celles des fonds. Et quoique « fade » soit l’adjectif qui convient le moins à l’artiste suisse, depuis ses débuts à la fin des années 1970, à Bâle, où elle est née en 1949. Après s’en être tenue, pendant près de vingt ans, au dessin, fusain et craie, elle a commencé à peindre dans les années 1990. Après être devenue mondialement célèbre pour ses toiles aux couleurs acides représentant souvent des silhouettes fantomatiques, elle expose aujourd’hui son travail le plus récent à la galerie Jocelyn Wolff, à Paris, sous le titre « Still Leben » (« nature morte »).

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