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Histoires Web samedi, mai 18
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Agathe Riedinger, 39 ans, se souviendra longtemps de sa soirée du 10 avril. Il est 23 h 30, elle est attablée à la terrasse d’un café du 18e arrondissement de Paris avec une amie quand son téléphone sonne. Au bout du fil, une voix lui dit qu’elle va à Cannes, en sélection officielle. Larmes de joie, sol qui se dérobe sous ses pieds. Depuis qu’une copie de son film Diamant brut avait été envoyée par Silex Films, sa société de production, à l’équipe du Festival, elle envisageait la chance d’être repérée dans une des catégories parallèles. Mais rien d’autre.

« La sélection officielle, je n’y avais jamais pensé, dit-elle, encore un peu sonnée. Même pas en rêve. Ça ne faisait pas partie de l’équation» Pour un premier film, en plus. Débouler en sélection officielle quand on débute est un honneur plutôt rare. Le lendemain, elle est réveillée par un coup de fil matinal. « Thierry Frémaux veut savoir comment se prononce ton nom », lui demande sa productrice. « J’ai compris que je n’avais pas rêvé », ajoute-t-elle.

Si la tête d’Agathe Riedinger (prononcez Riedingé) flotte quelque part entre Paris et la Côte d’Azur, ses pieds semblent bien ancrés dans le sol. Elle se prépare pour cet événement « vertigineux », cette « surprise incroyable ». Dans les bureaux de Silex Films, sa productrice et son attachée de presse s’affairent. Il est question du cortège qui mènera l’équipe vers le Palais des festivals, des places dans les voitures.

« Je voulais absolument parler de la télé-réalité »

Agathe Riedinger a beau ne pas avoir à gérer l’aspect logistique, elle a, malgré tout, perdu le sommeil. « J’ai beaucoup de mal à réaliser. C’est tellement énorme que j’ai mis du temps à reprendre mes esprits. C’est un tambour de machine à laver qui va très vite, plus vite que mes neurones », dit-elle d’une voix pourtant calme. « Une sélection en festival, c’est galvanisant et flatteur pour l’ego. Il faut arriver à en profiter, le vivre comme une fête », estime l’actrice Andréa Bescond, qui joue dans le film et s’apprête, elle aussi, à se rendre à Cannes avec sa réalisatrice pour « lui prendre la main, lui dire de respirer si l’émotion est trop grande ».

Mediatraining, essayage de robes pour la montée des marches, projection mercredi 15 mai en ouverture de la sélection officielle, interviews… Son quotidien a perdu toute forme de normalité. Diplômée des Arts déco, Agathe Riedinger n’a pas fait d’école de cinéma et ne rêvait pas de septième art. « Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant que je voulais faire du cinéma, confie-t-elle. En revanche, j’ai toujours eu envie de raconter des histoires. Aux Arts déco, je faisais beaucoup de photographies, avec une vraie excitation à fabriquer des images. Et, comme le cinéma c’est vingt-quatre images par seconde, ça décuplait mon désir, au point de devenir une suite logique. »

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