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Le refuge avait un quart de siècle et il abritait un rituel hebdomadaire chargé de douleur et de dignité. Chaque mercredi depuis 2001, le premier étage du 21 de la rue Mustapha-Ben-Boulaïd, au cœur d’Alger, accueillait des femmes au dos voûté par les années et le regard accroché aux portraits encadrés de leurs fils, frères ou maris. Elles montaient là, au siège de SOS Disparus, rompre leur isolement. Ce sanctuaire de la mémoire est maintenant clos.

Lundi 16 mars, des scellés de cire rouge ont été placés sur la porte de l’association, la seule qui recensait les victimes des disparitions forcées de la « décennie noire » (1992-2002). L’extrême violence de cette guerre civile ayant opposé l’armée et les maquis islamistes a fait entre 100 000 et 200 000 morts.

L’opération contre SOS Disparus, menée par un imposant dispositif policier, s’est appuyée sur un arrêté de la wilaya d’Alger, daté du 12 mars. Un document administratif froid, signé non par le wali (préfet) lui-même mais par son secrétaire général, pour signifier la fin d’une « occupation sans titre » légal. Car l’association, à l’instar d’autres organisations de la société civile algérienne, n’a jamais obtenu l’agrément officiel prévu par la loi sur les associations de 2012, un texte critiqué par les instances onusiennes pour son caractère arbitraire.

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