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Acculé financièrement depuis plusieurs années et contraint à une restructuration de sa dette en 2024, le groupe Atos voit aussi la pression judiciaire s’accroître. L’enquête préliminaire visant le géant français de services numériques (63 000 employés), ouverte il y a deux ans pour corruption privée, a été élargie récemment à de possibles faits d’abus de bien social. Chargé du dossier, le Parquet national financier (PNF) l’a confirmé, le 23 mars, au Monde. Le pôle spécialisé dans la délinquance économique a, par ailleurs, lancé une seconde enquête pénale, pour diffusion d’informations trompeuses, en lien avec l’Autorité des marchés financiers.

Ces décisions du ministère public font suite à deux compléments de plainte déposés en 2025 par un actionnaire minoritaire d’Atos, le fonds d’investissement Alix AM, domicilié à Singapour. En septembre 2023, c’est déjà une plainte de cet acteur financier, contrôlé par l’homme d’affaires français Hervé Vinciguerra, qui avait engendré l’ouverture de la première procédure pénale pour corruption privée.

Il dénonçait alors la mise en place d’un mécanisme de rétribution exceptionnelle pour deux dirigeants d’Atos, conditionné à l’achèvement d’un projet de scission du groupe et de vente partielle au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, et jugé très favorable à ce dernier. Décrié par des actionnaires individuels et des responsables politiques, ce plan, promu par l’ancien président du groupe, Bertrand Meunier (2019-2023), avait finalement été abandonné quelques mois après le départ de celui-ci.

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