L’équipe masculine de football italienne peut se targuer d’arborer quatre étoiles sur son maillot, symbole de ses sacres en Coupe du monde. Reste qu’elle n’en a plus joué depuis l’édition 2014, au Brésil – conclue dès la phase de groupes. La Nazionale n’était pas du voyage en Russie en 2018, ni au Qatar en 2022. Et elle ne sera pas non plus de l’aventure aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique (du 11 juin au 19 juillet), battue en finale de la voie A des barrages de la zone Europe, mardi 31 mars, par la Bosnie-Herzégovine aux tirs au but (1-1, 4 t.a.b 1).
La soirée avait pourtant bien commencé pour les Azzurri dans le stade Bilino Polje de Zenica, à 70 km au nord de Sarajevo. Au quart d’heure de jeu, Nicolo Barella profite d’une relance ratée du gardien bosnien Nikola Vasilj pour servir Moïse Kean. Les Italiens prennent l’avantage (15e, 0-1). Sans dominer, ils semblent maîtriser leur sujet. Du moins jusqu’à la 41e minute. Pour un tacle en retard sur Amar Memic annihilant une occasion de but, le défenseur Alessandro Bastoni écope d’un carton rouge. La Nazionale devra finir la rencontre en infériorité numérique. Le visage fermé de son sélectionneur Gennaro Gattuso au moment de regagner les vestiaires pour la pause en dit long.
Les locaux, eux, s’ils sont galvanisés restent peu dangereux. Mais alors que la fin du temps réglementaire approche, Haris Tabakovic permet aux Zmajevi (« les Dragons ») de recoller à la marque (79e, 1-1), relançant le suspense dans ce duel. Le stade Bilino Polje, en partie fermé – 8 800 spectateurs, dont 800 tifosi, mardi soir pour quelque 13 600 places en raison d’une sanction de la FIFA, la fédération internationale, pour des comportements racistes et discriminatoires des supporteurs bosniens lors d’un match contre la Roumanie en novembre 2025 –, s’embrase.
Au point que l’arbitre Clément Turpin est obligé de demander du calme, alors que les deux équipes récupèrent quelques minutes avant le début de la prolongation. Sur le terrain, la tension monte. L’Italie met la pression sur les buts adverses. En vain. Les traits sont tirés, la fatigue palpable. L’issue de la rencontre se scellera aux tirs au but. Premier joueur azzurro à s’élancer, Pio Esposito ne convertit pas. Mais son successeur, Sandro Tonali entretient les espoirs des visiteurs. Les trois Bosniens à s’être présentés devant Gianluigi Donnarumma ont trouvé le chemin des filets. La clameur descend progressivement des tribunes. Bryan Cristante touche la barre, le deuxième échec de la Nazionale. Aussi, quand Esmir Bajraktarevic réussit sa frappe l’enceinte de Zenica exulte. Les Zmajevi sont qualifiés.
« Nous pouvons être ceux qui brisent la glace »
Pour les hommes du sélectionneur Sergej Barbarez, cette rencontre était aussi une question d’orgueil. La célébration un peu trop appuyée – et filmée par les caméras de télévision – de Federico Dimarco, Sandro Tonali et consorts, en apprenant l’élimination du Pays de Galles par les Bosniens déjà aux tirs au but, lors des demi-finales de barrages, n’allait pas rester sans réaction.
D’autant que les Zmajevi attendaient eux aussi depuis 12 ans de faire leur retour dans un Mondial, qu’ils n’ont disputé qu’une seule fois. Ils signent en outre le deuxième succès de leur histoire face à l’Italie, qui fut leur premier adversaire officiel à domicile. C’était en 1996 à Sarajevo à la faveur match amical achevé sur un 2-1 surprise à la faveur des locaux. Cette nouvelle victoire, trente ans plus tard, a une tout autre saveur pour la 66e nation au classement de la FIFA, qui rejoint le groupe B composé du Canada, du Qatar et de la Suisse pour la Coupe du monde nord-américaine.
« Nous savons depuis combien de temps nous sommes dans une spirale négative en football, mais nous pouvons être ceux qui brisent la glace », posait Sergej Barbarez avant ce mardi. Une mission que n’auront pas réussie Gennaro Gattuso et ses troupes : le Mondial 2026 se jouera, une nouvelle fois, sans la Nazionale.
Les autres sélections qualifiées à l’issue des barrages de la zone Europe
La Turquie a mis fin, mardi 31 mars, une longue série noire : depuis sa troisième place en 2002, elle n’avait plus goûté aux joies d’une Coupe du monde. Vainqueure du Kosovo (0-1), elle rejoint le groupe D (Etats-Unis, Australie et Paraguay). De son côté, la Suède a validé son billet pour son troisième Mondial d’affilée, aux dépens de la Pologne (3-2) et retrouve le groupe F (Japon, Pays-Bas et Tunisie). La République tchèque, qui ne s’était plus qualifiée depuis 2006, est venue à bout d’un habitué du tournoi, le Danemark, aux tirs au but (1-1, 2-2 après prolongation, 3 t.a.b 1). Elle intègre le groupe A (Mexique, Afrique du Sud et Corée du Sud).
Il reste encore deux tickets pour ce Mondial, qui seront distribués, lors des finales des barrages intercontinentaux, organisés au Mexique. La RD Congo et la Jamaïque s’affrontent, mardi, à Guadalajara (23 heures, heure de Paris). L’Irak se mesure de son côté à la Bolivie, à Monterrey (5 heures du matin, mercredi 1er avril à Paris). Le vainqueur de ce dernier duel sera reversé dans le groupe I, celui de la France.










