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Une enquête a été ouverte pour harcèlement sexuel et moral contre le directeur du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), à Marseille, Pierre-Olivier Costa, ex-conseiller d’Emmanuel Macron, a appris l’Agence France-Presse (AFP), mardi 31 mars, de sources concordantes.

Cette enquête fait suite à un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale émanant du ministère de la culture, selon deux sources proches du dossier, qui ajoutent que la personne victime de harcèlement sexuel serait un agent du musée.

Le parquet de Marseille confirme à l’AFP l’ouverture à la mi-mars d’une enquête préliminaire à la suite d’un article 40 du ministère de la culture. Contacté par l’AFP, M. Costa a assuré ne pas être au courant de cette procédure.

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Par ailleurs, selon les sources proches du dossier, l’inspection générale des affaires culturelle (IGAC) a entamé le 10 mars une mission au sein du musée, pour des « faits de mal-être au MuCEM et tout élément en rapport ». Interrogé par l’AFP sur la mission de l’IGAC, le ministère de la culture a répondu qu’il ne « souhait[ait] pas communiquer sur une procédure en cours », rappelant : « L’établissement public du MuCEM est autonome et responsable de son pilotage. »

Management jugé parfois « toxique »

Pierre-Olivier Costa, ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron, a pris la direction du MuCEM, situé au bout du Vieux-Port à Marseille, en novembre 2022.

Un an après sa nomination à la tête du MuCEM, il avait vu son management mis en cause par une partie du personnel, qui l’accusait de « mettre à mal le projet scientifique » du musée. Etait également dénoncé un management jugé « parfois toxique » exercé « en dehors du cadre légal par deux conseillers prestataires » choisis par Pierre-Olivier Costa.

En décembre 2023 puis en juin 2024, le syndicat SUD-Solidaires avait appelé à la grève. M. Costa avait alors expliqué à l’AFP avoir hérité d’un « bateau un peu à la dérive ».

Après cette grève, selon une source syndicale auprès de l’AFP, la direction avait commandé un audit à un cabinet externe sur les risques psychosociaux, mais n’en avait jamais rendu les conclusions à ses agents. En septembre 2024, la médecine du travail avait transmis au ministère un courrier d’alerte sur la situation au MuCEM, faisant état de souffrance au travail des agents.

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Le Monde avec AFP

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