Chef de pôle au centre hospitalier Le Vinatier, à Lyon, le psychiatre Nicolas Franck explore la réalité souvent invisible des aidants. Dans un livre écrit avec son collègue Romain Rey, Aidants et fiers de l’être (éd. Odile Jacob, 240 pages, 22,90 euros), il propose des pistes pour mieux les accompagner. Nicolas Franck est aussi à l’origine de la création du diplôme universitaire « pair-aidance en santé mentale et neurodiversité » proposé par l’université Lyon-I.
Les aidants sont entre 8 et 10 millions en France… Mais qui sont-ils réellement ?
Les aidants, c’est nous tous. On l’est tous à un moment de notre vie, que ce soit pour un membre de la famille, un parent vieillissant, un enfant malade, un conjoint, un ami, ou même un collègue. Ils sont des millions à assumer cette fonction, parfois même sans le savoir et sans poser le mot « aidant » sur ce qu’ils font.
Vous évoquez un fardeau physique, moral, financier, etc. Quelles en sont les conséquences ?
Le terme « aidant » recouvre un spectre très large. Il y a une énorme différence entre aider ponctuellement un proche pour faire les courses et accompagner quotidiennement un conjoint atteint de la maladie d’Alzheimer ou un enfant souffrant de troubles psychiatriques, comme la bipolarité ou la schizophrénie. Pour les aidants les plus impliqués, la charge mentale et physique est très forte, avec un véritable épuisement, et même, selon certaines études, une perte d’espérance de vie. A cela s’ajoutent un stress chronique et un isolement souvent marqués.
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