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Au milieu des écrans et des cahiers ouverts, la boîte de puzzle détonne. Abandonnée sur un bureau de la bibliothèque universitaire de l’IUT de Cannes, elle attire le regard d’Armance, 18 ans. Elle s’arrête. Hésite. Soulève le couvercle. Une odeur de carton lui revient presque intacte, familière – celle des après-midi d’enfance. « Avec mes amis, on avait une heure de pause entre les révisions, donc on a commencé à assembler quelques morceaux », relate l’étudiante en journalisme. Les jours suivants, la petite bande retourne le compléter : une terrasse vue mer prend forme. « C’était il y a plus d’un mois. Maintenant, j’adore me perdre dans les motifs. Ça me permet de décrocher de l’actualité », explique-t-elle, penchée sur son ouvrage. Chaque soir, son assemblage de 1 000 pièces s’étale sur un carton posé sur sa couette, qu’elle glisse ensuite sous son lit. Même en sortie, elle a du mal à décrocher. « Une fois, j’étais en terrasse avec des amies… Et j’avais envie de rentrer pour le finir », confie-t-elle.

Scruter un coin de ciel, déceler l’emboîtement parfait… De plus en plus de vingtenaires passent des heures courbés sur une table, une pièce colorée entre les doigts. Longtemps relégué au rang d’activité poussiéreuse, le puzzle cumule maintenant près de 7 millions de publications sur Instagram. Des jeunes, lovés sous un plaid et entourés de bols où les éléments sont triés par couleurs, exhibent leur œuvre une fois terminée. Frédéric Metge, président d’Alizé Group, l’un des leaders européens dans le domaine, se réjouit de cet engouement : « Les 18-30 ans représentent environ 30 % de nos acheteurs, alors qu’ils étaient quasi absents de notre clientèle avant le Covid-19. Notre chiffre d’affaires a triplé sur ce segment en 2025. »

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