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Des huées contre un ancien maire battu, un élu issu des quartiers porté en triomphe, une instrumentalisation éclair par l’extrême droite reprise par des leaders politiques nationaux, des accusations de fraude électorale, des menaces rapportées dans un article du Monde contre une journaliste pour ses investigations – qui choquent au point de pousser le président du Sénat, Gérard Larcher, à réagir. Voilà tout ce que concentre Le Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, au lendemain des élections municipales. Le Monde était le seul média présent dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville, à l’issue du second tour, dimanche 22 mars.

Tout commence par la scène, filmée à la mairie du Blanc-Mesnil, ce soir-là : les images tournées par Le Monde sont d’emblée relayées par les réseaux identitaires, assorties de commentaires racistes. Elles sont ensuite diffusées dans les journaux télévisés, et reprises dans le talk-show de Pascal Praud, sur CNews, comme le symbole d’une humiliation et de violences à l’égard d’un maire sortant.

Voici les faits. Vers 21 h 50, la foule des soutiens du vainqueur, Demba Traoré, s’est rassemblée à la mairie. A 22 h 40, Thierry Meignen arrive dans la salle des fêtes, entouré de policiers municipaux. C’est lui, le candidat des Républicains (LR) défait, sénateur et maire du Blanc-Mesnil jusqu’en 2021 – il revendique rester depuis le maire officieux de la ville –, qui vient proclamer les résultats, et non, comme de coutume, l’édile en poste, Jean-Philippe Ranquet. Sans jamais saluer la victoire de Demba Traoré, Thierry Meignen énonce les résultats, parle d’un scrutin entaché d’« irrégularités majeures » et annonce un recours pour annulation.

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