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Le 3 mars, un groupe d’experts gouvernementaux, sous l’égide de la Convention des Nations unies sur certaines armes classiques (CCAC), s’est réuni, comme chaque année depuis 2014, pour discuter de la régulation des systèmes d’armes létales autonomes. Ces réunions, mises en place à l’origine par la France pour traiter des enjeux liés à l’autonomie dans les systèmes d’armes robotisés, sont aussi devenues, au fil des ans, l’un des principaux forums de discussion sur l’intelligence artificielle (IA) militaire.

L’enjeu de cette réunion était important. Le groupe est chargé d’établir, d’ici à fin 2026, une liste d’éléments sur lesquels un instrument de gouvernance international pourrait être élaboré. Tous les experts s’attendaient à des délibérations difficiles et à ce que les représentants de grandes puissances repoussent les propositions les plus ambitieuses en matière de régulation, du fait de l’importance stratégique qu’ils accordent aux progrès de l’autonomie et de l’IA militaire. Ce à quoi ils s’attendaient sans doute un peu moins, c’est que, cette fois-ci, le travail de sape a été principalement mené non pas par la délégation russe, comme ce fut si souvent le cas auparavant, mais par la délégation américaine.

Les Etats-Unis n’ont historiquement jamais caché leurs réserves à l’égard de l’adoption d’un traité juridiquement contraignant relatif aux armes létales autonomes. Cependant, ils s’étaient montrés jusqu’à présent favorables à la promotion de mesures visant à renforcer le respect du droit international et l’usage responsable de l’autonomie dans les systèmes d’armement et, plus largement, de l’IA militaire. Ils ont d’ailleurs très tôt fait figure d’exemple en la matière. Ils ont adopté dès 2012 – deux ans avant le début des débats à la CCAC – une directive nationale régissant l’adoption de l’autonomie dans les systèmes d’armement. En 2020, ils ont formulé des principes éthiques pour le développement de l’IA militaire qui ont largement servi de fondement aux principes adoptés par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord en 2021.

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