LETTRE DE CUZCO
Ils s’appellent Maruja, Pedro, Gabriela, Jeferson. Ils sont membres d’une dizaine de peuples amazoniens (principalement les Kukama, Murui, Bora, Achuar…). Ils ont entre 18 ans et 30 ans et, face à plus d’un siècle de silence des autorités et d’impunité, ils ont déposé plainte collectivement contre l’Etat péruvien, le 13 octobre 2025, pour les crimes commis durant l’époque du boom du caoutchouc. De la fin du XIXe siècle à 1914, des dizaines de milliers d’autochtones d’Amazonie péruvienne périrent victimes d’assassinats et de mauvais traitements.
Leurs aïeux ont été esclavagisés, torturés, assassinés dans le bassin du Putumayo, au nord du Pérou, une vaste zone géographique aux confins du territoire péruvien, à la frontière de la Colombie et du Brésil, mais aussi dans le Sud amazonien. « Ce fut une époque d’horreur systématique », affirme Patrick Murayari, artiste et membre du collectif Tsiuni (« écouter » en langue kukama). Le collectif exige également la création d’une Commission de la vérité qui permettrait de faire la lumière sur cette « vague d’extermination » dont la mémoire continue de hanter leurs communautés.
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