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De quoi réjouir les mordus de l’épopée napoléonienne : un chapeau de Napoléon Ier, récemment authentifié et restauré après avoir été longtemps oublié, sera exposé à partir du 6 juin au Musée Condé, dans le château de Chantilly (Oise). Ce bicorne de feutre noir, présenté jeudi 26 mars en avant-première à la presse, sera la pièce maîtresse d’une exposition du Musée Condé consacrée aux collections de Caroline Murat, sœur de l’empereur et reine de Naples (1808-1815), prévue jusqu’au 4 octobre.

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C’est un objet « absolument exceptionnel » car il est « parfaitement complet de toutes ses garnitures d’origine », souligne avec enthousiasme Jean-Guillaume Parich, chargé des collections de la Révolution et de l’Empire au Musée de l’armée, à Paris. Et son histoire est « extraordinaire » : c’est « l’un des quatre chapeaux » que Napoléon Bonaparte emporte dans son ultime exil sur l’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, ajoute ce spécialiste.

Dans son testament, rédigé peu avant sa mort, en 1821, l’empereur déchu avait légué des souvenirs impériaux, dont deux de ses derniers chapeaux, à son fils, le roi de Rome, surnommé l’Aiglon. Mais celui-ci ne les recevra jamais et meurt prématurément en 1832.

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La succession impériale, dont ce bicorne ramené de Sainte-Hélène, est attribuée en 1836 à Caroline Murat. Le couvre-chef finit par rejoindre les collections du Musée Condé en 1904. Mais le chapeau est rapidement placé dans les réserves et « tombe dans les oubliettes de l’histoire », passant même « sous les radars de tous les spécialistes », explique Mathieu Deldicque, directeur du Musée Condé.

Ce n’est qu’en 2025, pour la préparation de l’exposition sur Caroline Murat, que Jean-Guillaume Parich parvient à reconstituer le parcours du chapeau et confirmer son authenticité.

Sa traçabilité « est sûre de l’ordre de 100 % »

Réalisée en feutre de poils de castor par le chapelier Poupard, fournisseur officiel de Napoléon, cette coiffe présente toutes les caractéristiques des chapeaux impériaux authentiques : proportions spécifiques, petite cocarde tricolore, ganse de soie noire et doublure en taffetas de soie, relève M. Parich.

Sa traçabilité « est sûre de l’ordre de 100 % », selon cet expert, qui a aussi mené une étude archivistique approfondie sur ce chapeau. Durant sa quinzaine d’années au pouvoir, Napoléon Bonaparte aurait commandé « entre 60 et 80 » de ces amples bicornes, qui marquaient sa « silhouette » sur le champ de bataille et qui sont rapidement devenus des « pièces d’histoire avec une grande force symbolique », estime M. Parich.

« Une quinzaine » de chapeaux « parfaitement authentiques et tracés » existent encore aujourd’hui, la plupart appartenant à des musées, précise-t-il. Les objets du souvenir napoléonien s’arrachent à prix d’or quand ils sont vendus aux enchères. En 2023, à Fontainebleau, un autre bicorne de Napoléon Ier a été adjugé à l’encan pour plus de 1,9 million d’euros, un record mondial.

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Le Monde avec AFP

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