« Une victoire historique. » C’est en ces termes que le président du Ghana, John Dramani Mahama, a salué devant la presse, à l’issue de l’Assemblée générale des Nations unies du 25 mars, l’adoption d’une résolution reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ».
Une victoire qui couronne l’opération diplomatique menée par les pays africains et caribéens pour faire reconnaître les conséquences durables de ces crimes anciens et remettre sur le devant de la scène internationale la question sensible des réparations.
Présenté par le Ghana au nom de l’Union africaine (UA), le texte a été adopté à une écrasante majorité : 123 Etats ont voté pour, 3 contre et 52 se sont abstenus. Soutenu par la Communauté caribéenne (Caricom), le Ghana est parvenu à rallier de larges blocs régionaux, dont ceux d’Amérique latine et d’Asie-Pacifique, ainsi que plusieurs puissances membres du Conseil de sécurité comme la Chine et la Russie, au terme de plusieurs semaines de lobbying intensif.
Le texte justifie l’emploi de la formule « plus grave crime contre l’humanité » par son ampleur (plus de 12 millions de personnes réduites en esclavage), sa durée (quatre siècles) et les conséquences durables de ce système sur les sociétés et les économies des populations qui en ont pâti. Elle appelle les Etats ayant participé à la traite à engager « un dialogue de bonne foi sur la justice réparatrice », incluant excuses officielles, restitution et indemnisation.
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