La guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran a surpris la Chine. Pas tant en raison du calendrier de son déclenchement : elle pouvait la voir venir en février, à mesure que l’armée américaine amassait son plus gros déploiement de forces dans la région depuis 2003 ; et, par anticipation, dans les semaines qui ont précédé l’offensive, l’Iran a chargé des navires pétroliers à destination de la Chine de l’île de Kharg à un rythme record.
Mais, sur le fond, Pékin ne voit ni raison impérieuse ni objectifs clairs dans les décisions de Washington, renforçant sa perception, déjà ancrée, d’une première puissance mondiale sans boussole. « La guerre est la chose la plus grave, mais personne ne comprend pourquoi les Etats-Unis ont lancé celle-ci, ce qui contribue à l’image d’Etats-Unis sur le déclin, vecteur de chaos, et place en contraste la Chine en puissance plus convaincante », veut croire Zhou Bo, professeur de relations internationales à l’université Tsinghua de Pékin et ancien colonel de l’armée chinoise.
La guerre consolide cette vision chinoise, bien que, dans le même temps, elle affecte lourdement les intérêts de la deuxième puissance. Plus de 3 000 de ses ressortissants ont dû quitter l’Iran, dont la Chine est le premier partenaire commercial, et des centaines de milliers d’autres s’interrogent sur leur avenir à Dubaï, où résident 370 000 Chinois, à Doha ou à Riyad.
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