Un des principaux condamnés pour crimes contre l’humanité en rapport avec un massacre commis en Guinée en 2009, Aboubacar Sidiki Diakité, alias « Toumba », est mort en détention mercredi 25 mars dans un hôpital de Conakry, a annoncé l’administration pénitentiaire guinéenne.
Le défunt « présentait un tableau clinique caractérisé par une tuméfaction épigastrique, des douleurs abdominales persistantes, une constipation chronique et des douleurs abdominales », selon l’administration, qui s’appuie sur un rapport médical.
Il avait été victime d’un malaise lundi soir à la maison d’arrêt de Coyah, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale guinéenne, et a le même jour été évacué « en urgence » à l’hôpital Samory Touré, dans la capitale. Il avait été transféré à la maison d’arrêt de Coyah en février après des incidents survenus dans la maison centrale de Conakry, où il était détenu.
L’ancien chef de l’unité de protection du dictateur Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour crimes contre l’humanité pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009, considéré comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine de la Guinée.
C’est le deuxième condamné en lien avec le massacre de 2009 mort en détention, après le colonel Claude Pivi, ministre chargé de la sécurité sous Dadis Camara (2008-2010), avec autorité sur la garde présidentielle, mort en janvier.
Au moins 156 morts
Après le massacre de septembre 2009, M. Diakité était visé par un mandat d’arrêt international. Il avait été arrêté le 16 décembre 2016 par des gendarmes à Dakar où il vivait sous « une identité d’emprunt » et après avoir subi plusieurs changements d’apparence, selon la gendarmerie sénégalaise. Il avait ensuite été extradé en Guinée. Avant sa fuite au Sénégal, M. Diakité avait tenté de tuer le capitaine Camara, lui reprochant de vouloir lui faire porter l’entière responsabilité du massacre.
Le 28 septembre 2009, au moins 156 personnes avaient été tuées, par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, et des centaines d’autres blessées, dans la répression d’un rassemblement de l’opposition à Moussa Dadis Camara dans un stade de Conakry. Au moins 109 femmes avaient été violées. Les exactions, dont les chiffres réels sont probablement plus élevés, ont continué plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés.
Cet évènement constitue l’un des plus brutaux qu’ait connu ce pays d’Afrique de l’Ouest, principalement dirigé par des régimes autoritaires depuis son indépendance de la France en 1958. La Guinée est dirigée d’une main de fer par le général Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021 et élu à la tête de la Guinée lors d’une présidentielle sans opposant d’envergure en décembre.













