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Pierre-Henri Bono est chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), spécialiste des études quantitatives en science politique. Il vient de rédiger une note qui analyse l’essoufflement de la compétition électorale lors des municipales de 2026, notamment dans les villes intermédiaires : le nombre de cas où une seule liste se présente a encore augmenté.

Vous venez de publier une note dans laquelle vous alertez sur la santé de la démocratie locale. Quel regard portez-vous sur les municipales qui viennent de se dérouler ?

Ce n’est pas encore catastrophique, mais il y a un essoufflement de la vitalité politique locale. De scrutin en scrutin, il y a moins de compétition électorale. Globalement, il y a toujours autant de candidats dans le pays. La bataille électorale dans les grandes villes est toujours aussi disputée. Mais, dans le même temps, le nombre de villes intermédiaires où une seule liste se présente ne cesse d’augmenter depuis 2008. Dans celles qui comptent de 3 500 à 5 000 habitants, les cas de liste unique sont passés de 12 % en 2008 à 31 % en 2026. Entre 10 000 et 20 000 habitants, la part était de 32 % en 2014 ; elle est de 48 % en 2026. L’offre électorale s’érode. Or, lorsqu’une seule liste se présente, le scrutin perd son sens premier : le choix.

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