Meilleures Actions

Depuis les années 2000, la France s’enfonce dans une dérive budgétaire longtemps masquée par des taux d’intérêt historiquement bas, des expédients fiscaux et des discours rassurants. Cette époque est révolue. Nous abordons la fin de la décennie avec un triple handicap : un déficit public massif, une dette proche de 120 % du PIB et une charge d’intérêts qui galope vers 100 milliards d’euros par an. Ne rien faire n’est plus une option. Continuer, c’est accepter le déclassement de la France.

En 2006, la dette publique avoisinait 64 % du PIB. La dette allemande 67 %. L’Allemagne, depuis, se rapproche de 60 %. La France des 120 %. Les circonstances n’expliquent pas tout, car elles ont été les mêmes des deux côtés du Rhin : crises financières et de la zone euro, pandémie de Covid-19, choc énergétique, guerre en Ukraine. La situation française tient au choix politique de ne jamais trancher dans le vif, de différer, de reporter à demain. Demain, c’est aujourd’hui.

L’état des lieux est connu, documenté, incontestable. Le déficit public se gère principalement à coups de hausses d’impôts plutôt que par une maîtrise des dépenses (en 2025 encore, avec 23 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires). La croissance est faible, la dépense publique progresse plus vite que l’activité. L’inévitable remontée des taux d’intérêt a éteint l’illusion que l’on pouvait indéfiniment financer nos dérives à coût nul. De gérable, la charge d’intérêts devient explosive. Implacable mécanique : plus la dette augmente, plus cette charge pèse, moins il reste de marges pour l’école, la santé, la sécurité, la justice, la transition écologique, la défense.

Un pays qui consacre une part croissante de ses ressources à financer le passé n’est plus maître de son destin. Il s’appauvrit autant moralement que financièrement car il se condamne à gérer l’héritage et non à préparer l’avenir. Un pays qui ne maîtrise plus ses finances ne compte plus dans le concert des nations.

Il vous reste 83.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.