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L’ouvrage se dresse à perte de vue, au milieu des champs de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Au pied du talus enherbé haut de plusieurs mètres, impossible d’apercevoir l’immense réservoir artificiel destiné à l’irrigation de terres agricoles. A peine dissimulées par de frêles arbres, deux rangées de grillages entourent la structure, des détecteurs de mouvement s’alignent à intervalles réguliers et des caméras placées en hauteur surveillent les alentours.

« Ne parlez pas de bassine, c’est une réserve de substitution ! », s’exclame Florent, dont l’exploitation agricole est à quelques kilomètres. Lunettes de soleil sur le nez, le trentenaire a donné rendez-vous devant la retenue d’eau avec Gabriel et Baptiste, qui ont aussi choisi d’y être raccordés. Si les trois hommes, qui font de l’élevage et des céréales, ont accepté de témoigner, ils demandent à le faire sous un prénom d’emprunt et refusent les photos. « Par peur des représailles », assurent-ils. Une nuit de juillet 2025, Gabriel raconte ainsi avoir retrouvé l’un de ses tuyaux rattaché à la bassine sectionné.

Trois ans après la manifestation interdite du 25 mars 2023 contre cette « mégabassine », qui avait vu défiler plusieurs milliers de personnes et donné lieu à de violents affrontements, le réservoir est à l’arrêt, mais il continue d’empoisonner la vie locale.

A travers la haie masquant la mégabassine, un panneau indiquant « site sécurisé », à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), le 19 mars 2026.

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