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Les sociaux-démocrates de la première ministre Mette Frederiksen arrivent en tête des législatives, mardi 24 mars, au Danemark. Ils font face néanmoins à un net recul, et n’atteignent pas la majorité absolue avec les autres partis de gauche, selon les résultats définitifs, publiés peu après minuit.

Les sociaux-démocrates réunissent ainsi 21,9 % des voix, soit leur niveau le plus bas depuis 1901, loin des 27,5 % de 2022. Le bloc de gauche, constitué de la formation de Mme Frederiksen et des autres partis de gauche, obtient 84 des 179 sièges de l’assemblée, donc pas la majorité absolue, qui est de 90 sièges.

Le parti populaire socialiste (SF) devient le deuxième parti du pays pour la première fois de son histoire, avec 11,6 % des voix. « Nous devons essayer de garantir [le maintien de] l’Etat providence, nous devons essayer d’engager une transition écologique », a déclaré à la presse sa présidente Pia Olsen Dyhr. « Si nous n’y parvenons pas, nous n’entrerons pas au gouvernement, nous resterons dans l’opposition. »

La droite et l’extrême droite remportent entre 77 sièges. Les Modérés (centre), dirigés par le ministre des affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen, apparaissent eux comme le « faiseur de rois » puisqu’ils obtiennent 7,7 %, soit 14 sièges.

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Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite anti-immigration qui a longtemps pesé sur la politique danoise avant de chuter en 2022, fait plus du triple de son score précédent, atteignant 9,1 % des voix. « Je trouve cela merveilleux et magnifique. Tripler le nombre des voix est une expression remarquable du soutien du peuple danois à mon parti », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Morten Messerschmidt, le chef de cette formation, se félicitant des bons résultats de l’extrême droite en Europe. « Nous attendons tous maintenant de voir ce qui va se passer en France, nous attendons de voir ce qui se passe en Hongrie, aux Pays-Bas et, bien sûr, au Royaume-Uni avec Nigel Farage. Ce sont tous des partis très performants dans notre secteur et j’espère qu’ils vont eux aussi tripler » le nombre des suffrages en leur faveur, a-t-il ajouté.

Les enjeux écologiques et sociaux au cœur du scrutin

La participation au scrutin s’élève à 84 %. Mme Frederiksen dirigeait depuis 2022 un gouvernement de coalition constitué des sociaux-démocrates, des libéraux de Venstre (droite) et des Modérés. La cheffe du gouvernement sortant, qui avait voté à l’avance, a passé une partie de la journée à Aalborg, son fief électoral du nord-ouest, avec des Groenlandais vivant au Danemark. Généralement reconnue pour son leadership, elle dirige le gouvernement danois depuis 2019.

Le Groenland et les îles Féroé, des territoires autonomes, envoient chacun au Parlement danois deux députés. A Nuuk, la capitale du Groenland, les électeurs ont fait la queue pour voter dès l’ouverture des bureaux. « Il s’agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l’histoire », a déclaré à l’AFP le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.

La campagne politique au Danemark, pays prospère de six millions d’habitants, a surtout tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, l’Etat providence et l’environnement. Le modèle de l’agriculture intensive danoise, particulièrement l’élevage porcin, a été au centre de la campagne. Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d’immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière.

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Le Monde avec AFP

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