Après avoir examiné les comptes d’exploitation de ses huit magasins de chaussures dans les Hauts-de-France (Lille, Arras, Hazebrouck…) au début de l’année, Romain Flandrin a pris une décision difficile. En juin, il baissera définitivement le rideau de sa boutique de Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais) que sa famille avait ouverte, il y a vingt-cinq ans, dans cette commune de plus de 10 000 habitants à côté de Béthune.
« Le centre-ville n’attire plus. Les commerces de la rue principale ont fermé les uns après les autres. Les vêtements, la maroquinerie, l’agence de voyages… Et maintenant, le dernier chausseur disparaîtra », témoigne-t-il. Tout autour de son magasin de 150 mètres carrés, exploité sous la franchise Arbell Chaussures, « il reste surtout des établissements bancaires, et des petits commerces de nourriture ultrarapide à emporter ».
« Trop de charges, trop peu de passage, mis bout à bout, ça ne tient plus », résume le trentenaire et quatrième génération à la tête de l’entreprise familiale de commerce indépendant fondée il y a cinquante ans. Ses huit boutiques ont perdu entre 10 % et 20 % de leur chiffre d’affaires depuis la pandémie de Covid-19, avec la crise du pouvoir d’achat, les changements de consommation, l’essor de l’e-commerce (les Français ont dépensé près de 200 milliards d’euros sur Internet en 2025, selon la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance, contre environ 65 milliards dix ans plus tôt) et, désormais, la guerre au Moyen-Orient. Dans le même temps, ses charges n’ont fait qu’augmenter. « Electricité, box Internet, cotisations en tout genre, énumère le commerçant. Quand j’ouvre mon magasin, je sais ce que la journée va me coûter, mais pas combien je vais gagner. »
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