Pendant mes mois d’hospitalisation, j’étais le siège d’une question politique de haute intensité : il m’incombait de restaurer la gauche, la moitié gauche de mon corps ayant été paralysée par l’AVC qui m’avait affectée en mars 2023.
Rien d’étonnant alors qu’après ma première séance de rééducation, je dis à Nicolas, mon mari, que la kiné qui m’avait accueillie ressemblait à Marine Tondelier. Elle s’appelait Magali et, comme la leader écologiste, portait les cheveux longs et se déplaçait toujours avec une gourde. Ce 4 avril 2023, après notre rencontre, Magali nota sur le cahier de service les informations essentielles à transmettre à ses collègues à mon sujet. C’était concis mais éloquent, deux petits mots à chialer, que je surpris un jour de curiosité : « corps flasque ».
Le premier objectif consista à « redresser le tronc ». Assise sur le fauteuil roulant face à une barre métallique, j’essayais de me relever, de quitter la position du corps flasque. Il fallait imaginer que ma tête était reliée à un fil que tirait Magali. « Allez, allez, on se grandit ! », m’encourageait-elle. Et je me redressais, tirant sur la barre avec mon bras droit, poussant sur mes cuisses. Un jour, je réussis, au bout du mouvement, à me mettre debout ! J’étais au comble du bonheur, chacun de mes muscles retrouvés exultait, j’avais envie de prendre tout le monde à témoin, regarde papa, regarde maman, je peux me mettre debout ! Debout, c’était un autre point de vue sur le monde, la sensation d’y être plus adaptée que sans cesse assise dans un fauteuil trop raide. Debout, c’était pouvoir revenir à hauteur des autres, retrouver une présence, une passagère égalité.
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