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Saisi par The New York Times en décembre, un juge fédéral américain a bloqué, vendredi 20 mars, la nouvelle politique du Pentagone limitant l’accès de la presse, estimant qu’elle « viole » plusieurs amendements à la Constitution américaine, notamment le premier qui garantit la liberté d’expression.

Il ordonne au Pentagone de rendre immédiatement à sept journalistes du New York Times l’accréditation dont ils bénéficiaient avant la mise en œuvre de cette politique en octobre. Le ministère de la défense n’a pas réagi mais devrait faire appel de cette décision.

L’association de la presse du Pentagone a salué la décision de justice, évoquant, dans un communiqué, « un grand jour pour la liberté de la presse (…). Nous sommes impatients de retourner au Pentagone et de fournir au public, y compris aux militaires actuellement engagés dans des conflits à travers le monde, des informations sur pourquoi et comment le ministère de la défense fait la guerre ».

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Dans un document, presque unanimement rejeté en octobre par la presse américaine et internationale, dont l’Agence France-Presse, le ministère de la défense demandait aux journalistes accrédités de ne plus solliciter ni publier certaines informations sans autorisation, au risque de perdre leur accréditation. De nouvelles mesures qui s’inscrivaient dans une offensive plus large, menée depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, restreignant l’accès des journalistes au Pentagone.

« La sécurité d’une nation exige une presse libre »

« Ceux qui ont rédigé le premier amendement pensaient que la sécurité d’une nation exige une presse libre et un peuple informé et que cette sécurité était mise en péril en cas de répression par le gouvernement du discours politique », a écrit le juge dans sa décision. « Ce principe a préservé la sécurité de la nation pendant presque deux cent cinquante ans. Il ne doit pas être abandonné maintenant », a-t-il ajouté.

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« Le tribunal est conscient que la sécurité nationale doit être protégée, de même que la sécurité de nos troupes et les plans de guerre », a expliqué le magistrat. « Mais, en particulier, à la lumière de la récente incursion au Venezuela [en janvier] et de la guerre en cours en Iran, il est plus important que jamais que la population ait accès à une information de perspectives diverses pour savoir ce que son gouvernement est en train de faire », a-t-il souligné, « de sorte que la population puisse soutenir les politiques du gouvernement si elle le veut, manifester contre si elle veut, et décider sur la base d’une information complète et ouverte pour qui elle votera à la prochaine élection ».

Dans les mois précédents, le ministère de la défense – rebaptisé « ministère de la guerre » par l’administration Trump – avait délogé de leurs bureaux dédiés au Pentagone huit médias, dont The New York Times, The Washington Post et CNN. Le ministère avait également restreint les déplacements des journalistes à l’intérieur du bâtiment, en leur imposant d’être escortés en dehors d’un nombre limité de zones.

Le Monde avec AFP

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