Meilleures Actions

Après deux semaines de cavale, Ilyas Kherbouch dit « Ganito », évadé de la prison de Villepinte en région parisienne, a été interpellé, vendredi 20 mars soir, dans le sud de la France, le jour de ses 21 ans.

Le fugitif a été arrêté à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) par les effectifs de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault, avec également la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNFR). Le parquet de Paris a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) son arrestation rapportée par RTL et Le Parisien. Son interpellation s’est déroulée « sans incident », a précisé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, sur le réseau social X.

Spécialiste de « home-jacking », ces cambriolages commis en séquestrant les occupants d’un domicile – souvent à grand renfort de menaces et de violences –, « Ganito » était connu de la justice pour de multiples faits de vols aggravés. Il était emprisonné pour purger quatre peines et placé en détention provisoire comme suspect dans deux autres affaires au retentissement médiatique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Ganito », l’as du home-jacking, évadé par la grande porte de la prison de Villepinte grâce à deux faux policiers

Commanditaire du cambriolage du domicile du gardien du PSG

Il a été mis en examen en novembre 2025, soupçonné d’avoir commandité le cambriolage violent au domicile du gardien de but du Paris Saint-Germain de l’époque Gianluigi Donnarumma, explique une source proche du dossier. Il est aussi accusé d’avoir menacé une petite main mise en cause dans ce dossier, qui s’est suicidée en prison, d’après deux sources proches du dossier.

Lors de son évasion, le samedi 7 mars, trois personnes se sont présentées à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en plein après-midi. Deux se sont fait passer pour de faux policiers, avait relaté le parquet de Paris, venus chercher le détenu pour l’extraire en garde à vue. Il est alors sorti de prison en toute tranquillité. Le personnel pénitentiaire s’est inquiété de son absence seulement quarante-huit heures après, la durée maximale d’une garde à vue.

« Je ne cherche en aucun cas à excuser ce qu’il a fait (…) mais la France a besoin de comprendre qu’il n’a jamais connu la liberté adolescent et qu’il n’était pas sûr de la connaître adulte. Ce besoin d’être libre, de tout être humain, a été plus fort », avait déclaré à l’AFP son avocate May Sarah Vogelhut. Depuis l’âge de 14 ans, le jeune homme a été « un mois et demi » en liberté, a comptabilisé son avocate.

Deux personnes, dont un mineur, mises en examen dans le cadre de l’évasion

Son évasion a engendré l’ouverture d’une information judiciaire à Paris. Deux hommes, dont un mineur, ont été mis en examen le 11 mars. Le majeur, né en 1998 et résidant à Toulon, est soupçonné de s’être fait passer pour un policier. Interrogé en garde à vue, il n’a pas répondu sur les faits, selon une autre source proche du dossier.

Lire aussi | « Ganito », qui s’est évadé samedi, est de nouveau condamné jeudi en appel et fait l’objet d’un mandat d’arrêt

Dans le détail, il a été mis en examen pour évasion en bande organisée et association de malfaiteurs, a appris l’AFP. Le juge d’instruction le poursuit aussi pour corruption active et faux et usage de faux en écriture publique, ce qui laisse peser l’ombre de la corruption sur cette évasion.

Ces premières interpellations avaient eu lieu fortuitement, avant même que l’administration pénitentiaire ne se rende compte de l’évasion. Le 8 mars, des équipes de la BAC ont procédé au contrôle d’un véhicule Peugeot et découvert, dans un sac, « un gyrophare, des brassards police, des menottes, une perruque blonde, deux fausses cartes de police », selon une source policière. Sur ces fausses cartes de police, deux photos : celle du conducteur de la Peugeot, mais aussi d’une jeune femme « portant une perruque blonde ». Les enquêteurs soupçonnent que ces fausses cartes de police aient été utilisées par les complices présumés d’Ilyas Kherbouch.

Le Monde avec AFP

Share.