Plus de 5 milliards par an : tel est le coût annuel en France, outre-mer compris, des pauses cigarettes pour les employeurs, à en croire Jobleads qui a publié une analyse sur ce sujet mardi 17 mars.
Le portail d’emplois a effectué ce calcul en prenant en compte, par région ou territoire, d’autres sources ou études comme la consommation de tabac, le nombre de salariés, le taux de fumeurs, la durée moyenne des pauses, les rémunérations… Au risque d’approximations : pour évaluer le temps passé à fumer sur le lieu de travail, Jobleads se fonde, par exemple, sur une étude YouGov menée non pas en France mais au Royaume-Uni.
Mais l’étude a le mérite d’exister et, en brassant tous ces éléments, parvient à un total supérieur à 5 milliards d’euros. La pause cigarette n’a donc rien d’anodin : Il s’agit d’un temps non productif « qui peut également interrompre le flux de travail et réduire la concentration », commente Jan Hendrik von Ahlen.
Coût majoré
Le cofondateur et directeur général de Jobleads n’est pas le premier à se pencher sur le sujet : déjà en 2013, une étude américaine publiée dans la revue Tobacco Control, qui prenait en compte les pauses mais aussi l’absentéisme lié à une moins bonne santé, estimait qu’un fumeur coûtait en moyenne près de 6 000 dollars [environ 5 240 euros] de plus par an qu’un non-fumeur à son employeur.
La facture du tabac pour les entreprises demeure donc considérable à première vue. Mais à y regarder de plus près, ce coût semble majoré dans la mesure où une bonne partie du temps de consommation s’effectue durant les pauses accordées par les employeurs aux salariés. La loi accorde en effet au minimum aux salariés 20 minutes de pause après six heures de travail consécutives.
S’ils fument durant ce temps, ils ne coûtent pas plus cher à leur employeur que leurs collègues qui se détendent en bavardant ou en pianotant sur leur téléphone. A cela s’ajoutent les conventions, les règlements d’entreprise et les usages qui organisent ou tolèrent des pauses de courte durée pour prendre l’air, un café ou une cigarette. Pauses qui s’intègrent au temps de travail rémunéré si le salarié demeure disponible en cas de besoin.
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